LES RISQUES DU RÉFLEXE « J’ACCEPTE » OU « I AGREE » 

Sans aucun doute, cliquer sur « J’accepte » est devenu un réflexe sur le Web. Appelez-les comme vous voulez : Termes & Conditions (T&Cs), Conditions générales d’utilisation (CGU), End User License Agreement (EULA) ou leur cousine « Politique de confidentialité ». Nous sommes constamment confrontés à ces interminables et illisibles pages que nous devons accepter tant pour les applications, les logiciels, que pour les réseaux sociaux. 

Sans surprise, une étude de l’Université de Chicago a précisé que 99,8 % des utilisateurs décident de s’en épargner la lecture.

Plusieurs Youtubers ont également démontré, à travers des caméras cachées, la facilité avec laquelle les gens cochent une case et consentent à tout et n’importe quoi, comme on peut le voir dans cet exemple.

En revanche, la préoccupation des internautes augmente à propos de leurs données privées. Les nombreux scandales qui ont fait les manchettes récemment ont certainement contribués à ce phénomène. Au Canada, par exemple, 92 % de la population se dit inquiète pour la protection de sa vie privée. 

Figure 3: Concern about protection of personal privacy

Néanmoins, cette préoccupation semble se dissiper quand arrive le moment de lire tout d’un coup les 2 500 mots qui composent en moyenne les politiques de confidentialité. 

Il va falloir payer la note…

Bien qu’ils existent de nombreux exemples (Lien vers exemples drôles) de clauses absurdes et (parfois) drôles, ils servent principalement à démontrer les dangers “potentiels” de ne pas lire les CGU. Il est cependant important de réaliser qu’elles ont belle et bien ont une valeur contractuelle. C’est là que sont listés les engagements que l’internaute prend en les acceptant, c’est-à-dire le véritable coût du service ou du produit qu’il envisage utiliser. Il est donc primordiale de les comprendre. 

Le top 3 des pièges à surveiller

Quels sont les risques réels associés à ces fameuses conditions générales d’utilisation?

1. Votre propriété intellectuelle / droit d’auteur

Qu’advient-il du contenu que vous allez soumettre à la plateforme ? 

Pourquoi est-ce important ? Prenons un cas concret :

Récemment, l’application FaceApp a défrayé la chronique. En quelques jours, plus de 150 millions de personnes se sont servi de cette application, à première vue amusante, pour avoir un aperçu d’à quoi il pourrait ressembler dans une vingtaine d’années.

 Il aura fallu plusieurs semaines pour que quelqu’un s’intéresse aux Conditions d’Utilisation de cette application et réalise que l’utilisateur consentait à FaceApp une licence « perpétuelle, irrévocable, non exclusive, sans redevance, dans le monde entier, entièrement licenciée pour utiliser, reproduire, modifier, adapter, publier, traduire, créer des œuvres dérivées, distribuer, exécuter publiquement et afficher le contenu utilisateur et tout nom, nom d’utilisateur ou ressemblance fournis en relation avec votre contenu utilisateur dans tous les formats et canaux de soutien connus ou développés ultérieurement, sans aucune compensation de votre part. » 

Autrement dit, votre photo leur appartient et vous ne pouvez rien y faire. FaceApp peut, en théorie, décider de revendre votre photo pour une publicité embarrassante, ce qui n’est pas sans rappeler un épisode de la série Friends.

Plus sérieusement, FaceApp va probablement l’utiliser pour entraîner un algorithme de reconnaissance facial, qui sera peut-être ensuite vendu à l’armée (Drone-tueur?) ou à un service de renseignement. Pas exactement ce que vous aviez en tête quand vous avez utiliser l’app, mais exactement ce pourquoi vous avez signé!

Sans vouloir vous faire peur, Instagram s’octroie également ce type de licence…

2. Collecte et partage de vos données personnelles

C’est surement la problématique la plus connue. Le scandale « Cambridge Analytica » a grandement contribué à éveiller les consciences sur cet aspect. Quelles sont les données que le service se réserve le droit de collecter, mais surtout avec qui compte-t-il la prérogative à partager ? 

C’est l’un des premiers signes qui vous permet d’identifier les intentions du service auquel vous vous apprêtez à vous inscrire. 

Votre nom, prénom, date de naissance, adresse postale, adresse courriel, numéro de téléphone, numéro de carte de crédit… valent de l’or pour les publicitaires, mais encore plus pour les fraudeurs ! 

Plus vous divulguer ces informations à ce type d’entreprise qui après les partagent à des tiers, plus vous êtes à risques qu’un fraudeur mette la main dessus.

3. Pénalités financières

Si vous n’êtes pas convaincu par les 2 premiers points, en voici un à qui personne n’est insensible : le porte-monnaie ! 

Bon nombre de services en ligne ajoutent des pénalités financières associées à certains comportements. Là encore, prenons un exemple concret : Turo, le “Airbnb pour votre automobile” .

Une lecture attentive des Termes et Conditions pourrait vous épargnez plusieurs dépenses :

  • En cas de conflit, il vous en coûtera 200 $ de « frais de dossier ».
  • Si par malheur l’auto était volée durant votre location, vous serez redevable des frais administratifs de 500 $.
  • Si vous utilisez la plateforme pour trouver un véhicule, puis transigez finalement en direct avec le propriétaire par la suite, vous devrez payer 5 500 $ en dédommagement à Turo.   

Vous voulez un autre exemple? La compagnie de sécurité Sophos a récemment publié un article expliquant comment des développeurs peu scrupuleux ont facturé des centaines de dollars pour des applications très basiques (baptisée Fleeceware). 


L’utilisateur installe une application qui lui apparait “gratuite”, seulement voilà, les CGU précisent que l’app n’est gratuite que pour une durée de 3 jours, puis facturable jusqu’à 240$ par an par la suite (déduit sur votre carte de crédit immédiatement).

Voyez-vous d’autres points importants? N’hésitez pas à nous contacter pour nous faire part de vos recommandations!

Comment se protéger?

Pour citer les infomerciaux — « il doit y avoir un meilleur moyen ! » 

Nous avons donc utilisé les dernières avancées dans un domaine de l’intelligence artificielle appelé traitement automatique du langage (NLP) et développé un algorithme capable d’identifier les points mentionnés ci-haut dans les conditions et les politiques de confidentialité et vous les afficher. 

Concrètement, nous l’avons incorporé dans une extension Chrome, qui détecte automatiquement lorsque vous devez cliquer sur « I Agree » et vous affichera les points importants à savoir.  

Soyez malin et protégez-vous!

Scroll to Top